• Les petites choses que nous sommes

    Dalol signifie en langue afar "désintégré". Erta Alé signifie toujours dans la même langue "montagne fumante". Terre insoumise.

     

    Volcans et les petites choses que nous sommes  Volcans et les petites choses que nous sommes

     Le premier arrêt du périple fut à la bourgade d'Agula. C'est l'avant-dernière étape pour les caravanes de sel. Chaque samedi se tient un marché. Manque de bol, on n'était pas samedi ! À Agula, des habitants achètent les plaques de sel et les débitent puis les préparent au transport. Un travail digne de Sisyphe...

     

    Volcans et les petites choses que nous sommes

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    Dans un paysage majestueux, nous croisons nos premières caravanes de dromadaires et d'ânes. Ils vont en direction d'Agula et de Mekele, chargés des plaques de sel brut et reviendront par la même route chargés de fourrage (3 jours aller, 3 jours retour). Ben oui, c'est beau comme paysage mais un peu sec !

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    Arrêt à Berahillé où nous "rencontrons" Moussa, fils de chef Afar qui nous remet les policiers qui nous accompagneront pendant notre trajet. Moussa, on a envie de lui en coller une avec son côté "dromadaire". Sur le dromadaire, cet air ne fait pas le même effet !

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    Arrivée au campement dans la petite ville d'Ahmedila (-100m). Franchement, à première vue comme ça, pas trop envie d'y passer 15 jours de vacances... Y a pas de toilettes privatives... Ben oui, j'suis une fille quoi !

    Tamiru, à peine étions nous arrivés, a sorti ses malles, a branché à la batterie de la voiture une ampoule et nous a concocté un festin ! Soupe, poulet et fruits. La température à la nuit tombée était de 30°C environ (il faudra que je vérifie mes notes) mais bon, sûr, je n'ai pas eu froid aux pieds. La soupe bien chaude a donné des "fouées" aux garçons. Comme ça ils connaissent les symptômes de la ménopause. Il y a un peu de justice sur cette terre ! 

    Sensation surprenante de bord de mer : vent incessant, humidité (moite) et parfois une odeur de vase... Mais c'était peut-être une hallucination olfactive !

    On a dormi comme des bébés sur des lits en bois et dont la couche est faite de corde de palmier entrelacée. Impeccable ! Réveil au petit matin et que voit-on ?

     

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    Ils commencent leur marche bien avant que le soleil n'ait l'idée de montrer ses rayons.

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    Départ pour le Dalol un peu tardif car nous pensions initialement aller vers l'Erta Ale mais c'était marée haute donc changement de plan. L'eau vient de la pluie tombée dans les montagnes du Tigray. Le désert est recouvert d'une petite couche d'eau rendant les passages de piste sur sable, périlleux ! Mais, c'était chouette cette sensation de bord de mer mais pas de baignade vu le taux de salinité !

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    On est à la neige ?

    Le désert de sel... 

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     Arrivée au Dalol. Univers unique. Oeuvre de la nature toute en arêtes et courbes.

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     Dans le fond, le "village fantôme", une usine pour récupérer le soufre, montée par les Italiens, aujourd'hui à l'abandon. Mes amis les militaires en premier plan.

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     Vous comprenez maintenant pourquoi les Afar appellent ce lieu "désintégré". Mieux vaut éviter la baignade !

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    Et si on se faisait un petit moon walk ?

    D'abord c'est blanc, et dès que l'on pose le pied, cela devient rouge. Sous la croûte de sel, légèrement humide, par capilarité, il y a un truc qui remonte (je ne vais pas vous saoûler avec des trucs trop scientifiques quand même... ou l'art de dissimuler son inculture !) Enfin, c'était rigolo mais il faisait chaud ! Là, il est à peu près midi et il fait plus de 40°C

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     Oh, oh... Mais c'est quoi au loin ?

     

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    Un petit côté suffisant et un air blasé, c'est le dromadaire !

    Allez, maintenant on part vers l'Erta Ale. La bonne chose de toute cette eau qui coupe les pistes, c'est 1) il n'y a pas eu de camion à passer pendant la nuit à Ahmedila et 2) on a dû retourner à Mekele, ce qui veut dire une bonne douche au passage ! Le truc moins cool, c'est qu'on a eu froid à Mekele, à peine 20°C. Un vrai choc thermique !

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    Depuis Mekele vers l'Erta Ale, il faut prendre une route relativement tape-cul. Surtout sur la dernière partie ! Départ à 7h30 de Mekele (on était en retard !). Pour le repas, on a fait une pause dans un village "champignon". Il est apparu avec l'implantation du campement de l'entreprise chinoise qui construit la route. Les tôles et bâches plastiques font des maisons ou plutôt des abris. Là, on a beaucoup hésité avec Julien : tu préfères quoi ? Ahmedila ou ce "village" ? 

    Puis on s'est engagés sur la piste qui mène à l'Erta Ale. On roule à 20 à l'heure, il fait chaud. Très chaud. On roule sur des coulées de lave, légèrement aplanies par le passage. On ne voit personne. Après 2 heures de "boursoule", nous arrivons chez le chef Afar, Guilissa. Yared l'adore. Vrai ! Mekonnen, un des chauffeurs de Monpays Tour (une p'tite pub au passage)le connaît bien. Pour preuve : accolades et massage des épaules... C'est lui qui nous donne les militaires, les policiers, le guide Afar local, le chamelier et le dromadaire après palabres loin de nos oreilles indiscrètes. Pour ma part, j'y suis allée de mon obole : 1kg de sucre et 1kg de café. Sans nos militaires, nous reprenons notre piste cahotique. Après 1 heure de route, nous nous arrêtons. Nous venons de rencontrer les militaires qui nous accompagneront. Je veux bien que ce soit des sacrés marcheurs mais c'est quand même incroyable ! Il n'y a pas de réseau et pourtant ils ont eu l'info... Ils ont certainement une liaison radio sinon comment serait-ce possible ?

    Nous arrivons au campement de base. Les voitures s'arrêtent là. Nous continuerons à pied à la nuit tombée. Tamiru installe sa popote et commence à nous préparer un repas spécial sucres lents. Nous sommes en fin d'après-midi et il fait chaud. Pendant ce temps, on se repose et on prépare nos paquetages pour l'ascension. Depuis l'autre bout du campement, c'est-à-dire à l'opposé de la piste par laquelle nous sommes arrivés, on voit arriver d'un pas tranquille et régulier notre dromadaire et notre chamelier... (On ne dit pas dromadairier ?) Et lui comment il a eu l'info car c'est sûr, il n'a pas de radio ! Un mystère Afar... Certes, nous n'avons vu personne en dehors des villages, pendant notre trajet mais il doit y avoir quand même du monde de cet étrange pays.

    Volcans et les petites choses que nous sommes   Volcans et les petites choses que nous sommes 

    Ça y est la nuit est là. Nous partons à la queue leu leu. Chacun met ses pas dans ceux de la personne devant lui. On ne voit pas plus loin que le faisceau de notre lampe frontale. On marche pendant 2h50, entre sable et coulée de lave. Les dessins de la lave durcie prennent un relief particulier. On constate avec tristesse toutes les bouteilles d'eau vide laissées à l'abandon le long du chemin par les voyageurs (?), les Afar (?). Au fur et à mesure de nos pas, on distingue au loin une lumière rouge. C'est lui.

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    Sans effort, nous voilà arrivés au campement où nous passerons la nuit. Il est à une centaine de mètres du cratère. On installe nos pénates et après un petit repos, accompagnés d'un guide afar (le nôtre, pas celui de Guilissa) et d'un jeune policier Afar, nous partons en direction du cratère pour rencontrer sa majesté Vulcain à l'oeuvre.

    Volcans et les petites choses que nous sommes

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     On est à quelques mètres de ce lac en mouvement incessant. La lave vient frapper une paroi du cratère et jaillit en fontaine. À  nos pieds, tombent des petits morceaux de lave refroidis par leur passage aérien. Le lac produit un son sourd, une calvalcade au loin peut-être... En amharique, un volcan se dit issat gomora, le feu qui gronde (une chaudière au fuel à l'allumage en quelque sorte !).

    Spectacle hypnotique. On n'est vraiment rien face à une telle force. Instants d'humilité.

    Volcans et les petites choses que nous sommes

    Les Afar appellent ce volcan Erta Ale, pour montagne fumante. De tous les Afar qui nous ont accompagnés pendant notre périple, seuls Yesuf (le guide de Monpays Tour, et encore un coup de pub) et le jeune policier Afar se sont approchés avec nous du lac. Les autres sont restés à une distance respectueuse. Pour beaucoup d'Afar, c'est un lieu où il y a les mauvais esprits et je crois qu'ils sont sur des chevaux (pour expliquer le bruit). Il vaut donc mieux se méfier ! Aujourd'hui, pour les jeunes ayant eu accès à l'école, ces croyances ont moins d'impact.

    Maintenant, je frime mais je peux vous dire que j'ai un peu paniqué ! Pour aller au plus près du lac de lave, on descend dans le cratère et lorsqu'on marche on sent que le sol craque et s'effondre un peu sous nos pieds. On marche sur une coulée de lave de quelques mois... Julien se baisse et dit : "C'est drôle, le sol est chaud". Je regarde là où il touche le sol et alors je vois du rouge en dessous ! Ah ! on est au-dessus du lac de lave ! Je cours et fuis non pas en direction du campement mais en direction du lac. Bon réflexe ! En fait on ne marchait pas du tout au-dessus du lac. J'ai juste eu une hallucination. Je n'ai réellement repris mes esprits que de retour au campement...Pétocharde, va !

     

     

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    mich2foug
    Mardi 30 Avril 2013 à 21:49

    Incroyable, magnifique, que de beauté sur cette terre massacrée, torturée par ses occupants ; je pense qu'il est possible que notre prochain périple éthiopien passe par là !

    2
    evelyne_
    Mardi 30 Avril 2013 à 23:01

    Magnifique, jsuis d'accord. Mais le Sud aussi, va falloir faire pile ou face je pense !

    3
    jprochon
    Mercredi 1er Mai 2013 à 09:28

    j'étais avec toi dans ce paysage...et je n'ai pas vu la fin de ton réçit arriver.... je reste sur ma faim...   Bisous

    4
    Fabeba Profil de Fabeba
    Mercredi 1er Mai 2013 à 09:56

    Allez, il y a moyen de tout faire, faut juste être bien organisés !

    Biz

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